Qu’est-ce que la décarbonation du transport ?
La décarbonation du transport vise à diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par les déplacements de marchandises et de voyageurs.
En France, ce secteur reste le premier émetteur de CO₂, représentant 30 % des émissions nationales, dont 94 % proviennent du transport routier.
Décarboner le transport c’est donc :
La baisse du volume transporté (via la relocalisation ou la mutualisation).
Le report modal vers des moyens moins carbonés (rail, fluvial, vélo, etc.).
La transformation des motorisations et l’usage de carburants alternatifs (électrique, GNV, biogaz, hydrogène...).
Décarboner, ce n’est pas seulement changer de technologie ou de logiciel de transport. C’est réinterroger les flux, réduire les distances et rendre les systèmes de mobilité plus sobres.
Comment (mieux) intégrer les enjeux climatiques dans les chaînes logistiques ?
La décarbonation du transport ne concerne pas uniquement les véhicules. Elle suppose d’intégrer le facteur CO₂ dans l’ensemble de la chaîne logistique, depuis le sourcing jusqu’à la livraison finale.
Cela implique notamment :
Un pilotage des flux plus fin (grâce à la data et aux TMS).
La prise en compte de l’empreinte carbone dans les appels d’offres
Le choix d’entrepôts et d’implantations logistiques plus proches des bassins de consommation.
En 2025, intégrer la décarbonation du transport dans sa stratégie logistique, c’est éviter le cul-de-sac réglementaire.
Mais c’est aussi (et surtout) répondre à une attente croissante des donneurs d’ordre, en particulier dans la grande distribution, le BTP, l’industrie, l’agriculture, l’environnement, le bois ou encore l’e-commerce qui intègrent désormais des critères carbone dans leurs appels d’offres.
Pourquoi agir maintenant sur les émissions du secteur transport ?
Le transport est le premier poste d’émissions en France
Le transport reste le secteur le plus émetteur de CO₂ : 30 % des émissions nationales, dont plus de 80 % pour la route.
Depuis 1990, ces émissions ont peu baissé, contrairement à l’industrie ou au bâtiment.
Le retard est tel que la France ne pourra pas atteindre ses objectifs climatiques sans agir sur le transport.
Les entreprises doivent anticiper les nouvelles contraintes réglementaires
Dès 2025, les contraintes s’intensifient :
– ZFE obligatoires dans les grandes agglomérations.
– Fin programmée des poids lourds diesel,
– reporting carbone obligatoire (Objectif CO₂, CSRD…).
Attendre, c’est risquer :
– D'être exclu d’appels d’offres.
– De payer plus cher.
– De ne plus pouvoir livrer certaines zones.
Quels sont les (meilleurs) leviers pour réussir votre décarbonation du transport ?
Décarboner le transport routier de marchandises, c’est limiter les émissions à la source : en optimisant les kilomètres, les véhicules et les outils.
Optimiser les trajets pour limiter les kilomètres parcourus
Chaque kilomètre évité, c’est du CO₂ en moins. Dans le fret, 25 % des camions roulent à vide et les trajets partiels restent fréquents.
Les leviers :
Mutualiser les flux entre sites ou entre partenaires.
Repenser les plans de transport pour éviter les détours.
Réduire les retours à vide grâce au chargement bilatéral ou à la bourse de fret.
Ou encore revoir la localisation des entrepôts pour réduire les derniers kilomètres.
Encourager le report modal sur le rail ou le fluvial
Sur les longues distances, le report modal est une piste incontournable. Le fret ferroviaire et fluvial émet jusqu’à 8 fois moins de CO₂ par tonne transportée que le routier.
Des solutions existent :
Fret combiné rail-route.
Barges fluviales sur certains axes.
Transport multimodal accompagné d’incitations fiscales (ex. aides « mode combiné »).
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À noter : si la réussite d’une stratégie de décarbonation repose sur une organisation bien rodée, rien ne vous oblige à faire route seul. Des partenaires comme Dashdoc peuvent vous accompagner à chaque étape d’une transition écologique plus fluide et mieux pilotée.
Améliorer l’efficacité énergétique des camions thermiques
À court terme, les camions diesel dominent encore le parc. Mais des gains immédiats sont possibles avec :
L’éco-conduite (jusqu’à –10 % de consommation),
La maintenance prédictive.
Des pneus basse résistance.
Les carénages et déflecteurs.
Ou encore une gestion fine des itinéraires selon le relief et la charge.
C’est le premier pas vers une logistique moins carbonée, sans changer de motorisation.
Intégrer progressivement des motorisations alternatives
Le rapport 2025 du gouvernement compare 5 motorisations pour le transport de marchandises : diesel, électrique batterie, hydrogène, bioGNV et carburants de synthèse. Selon les usages, certaines sont déjà viables :
L’électrique pour la distribution urbaine.
Le bioGNV pour les moyennes distances.
L’hydrogène sur le long courrier d’ici 2030. Chaque technologie présente des compromis (autonomie, coût, infrastructure), à intégrer dans sa stratégie d’achat.
S’appuyer sur des outils numériques pour piloter la décarbonation
Calculateur CO₂, TMS, télématique embarquée… Ces outils logistiques permettent de :
Mesurer précisément l’empreinte carbone,
Simuler l’impact d’un changement de motorisation.
Suivre en temps réel la performance énergétique des trajets.
Prioriser les actions à impact.
La donnée devient un levier décisif pour aligner performance économique et transition environnementale.
Ce que révèle l’étude nationale 2025 sur les technologies alternatives pour la décarbonation du transport
Entre incertitudes réglementaires et pression des coûts, difficile de garder le cap.
Bonne nouvelle : le rapport Analyse des technologies alternatives aux poids lourds diesel (publié en 2025 par la DGE) fait le tri dans les options. Il donne des repères concrets aux entreprises du transport routier.
Cinq motorisations comparées, sans langue de bois
Électrique à batterie, hydrogène, biogaz, carburants de synthèse, hybride rechargeable : le rapport passe en revue cinq solutions.
Chaque techno est évaluée sur 14 critères essentiels pour les pros de la route :
Impact CO₂ sur tout le cycle de vie.
Autonomie réelle.
Facilité d’approvisionnement.
Coût global (achat, usage, entretien).
Compatibilité avec les usages transport lourds.
Motorisation | Impact CO₂ (cycle de vie) | Autonomie réelle | Coût global (achat/usage) | Compatibilité avec transport lourd |
---|---|---|---|---|
Diesel | Très élevé | Excellente | Faible à modéré | Parfaitement compatible |
Électrique à batterie | Très faible | Limitée (100–300 km) | Élevé à l’achat, bas à l’usage | Peu adapté au lourd longue distance |
BioGNV | Faible à modéré | Bonne (400–600 km) | Compétitif | Compatible avec poids lourds |
Hydrogène | Faible (si hydrogène vert) | Bonne (>600 km) | Très élevé aujourd’hui | Adapté au long courrier |
Carburants de synthèse (HVO, e-fuel) | Variable selon production | Excellente | Coût incertain, élevé aujourd’hui | Compatible sans modification |
Hybride rechargeable | Moyen | Variable selon usage | Modéré | Dépend du profil de trajet |
Décarbonation du transport routier : choisir selon l’usage réel
Pas de solution miracle : chaque motorisation a ses atouts… et ses limites.
L’électrique à batterie convient aux trajets urbains ou périurbains, mais reste limité pour les longues distances ou les fortes charges. Il possède cependant le meilleur score CO₂ sur tout le cycle de vie.
Le biogaz séduit par sa maturité et son bilan carbone maîtrisé, à condition d’avoir accès à une station.
L’hydrogène affiche un potentiel intéressant sur autoroute, mais sa disponibilité reste faible et les coûts encore élevés.
Les carburants de synthèse permettent d’utiliser des moteurs existants, mais leur production reste peu développée et énergivore.
L’hybride rechargeable peut répondre à certains besoins mixtes, mais dépend d’une recharge régulière et d’une vraie discipline d’usage.
L'importance de décider avec une (bonne) méthode
Un changement de motorisation engage sur plusieurs années. Impossible aujourd’hui de parier sur une seule technologie.
Mais il est possible d’avancer sans se tromper, à condition de poser les bonnes questions dès le départ :
Quel est le type de trajet concerné (régional, longue distance, urbain) ?
Quelles sont les sources d’énergie réellement accessibles sur mes zones d’exploitation ?
Quel est le coût d’usage sur la durée, en intégrant entretien, autonomie, et revente ?
Quelles obligations réglementaires devront être respectées dans 3, 5 ou 10 ans ?
Quels (vrais) bénéfices pour les entreprises engagées ?
Réduire les coûts carburant et améliorer le TCO
Décarboner le transport routier, c’est aussi une opportunité de mieux maîtriser ses charges.
L’optimisation des tournées, l’introduction de solutions moins énergivores et l’usage d’outils de pilotage permettent de réduire les dépenses liées au carburant.
À long terme, certaines motorisations alternatives offrent un meilleur TCO (coût total de possession), en particulier sur les trajets réguliers.
Accéder à de nouveaux marchés ou appels d’offres exigeants
De plus en plus de donneurs d’ordre imposent des critères environnementaux stricts.
Les entreprises capables de démontrer une stratégie claire de décarbonation du transport routier gagnent un avantage concurrentiel.
C’est un levier pour se positionner sur des marchés plus structurés, sécuriser des contrats longs et répondre aux attentes des grands comptes.
Renforcer son attractivité en tant qu’acteur responsable
Les entreprises engagées dans une démarche de transition sont mieux perçues par leurs partenaires, leurs clients et leurs collaborateurs.
Dans un secteur en tension, afficher une trajectoire crédible de décarbonation du transport routier peut faire la différence pour recruter, fidéliser ou rassurer.
C’est aussi un marqueur fort d’adaptation face aux mutations du marché.
Quels leviers concrets pour accélérer la décarbonation du transport routier ?
Des aides financières pour moderniser les flottes
Prime à la conversion, Certificats d’économie d’énergie, appels à projets régionaux : plusieurs dispositifs publics soutiennent l’achat de véhicules à faibles émissions.
Ces aides réduisent l’écart de coût à l’investissement et facilitent les premiers pas vers la décarbonation du transport routier.
Des appuis techniques pour structurer sa transition
Entre études de faisabilité, diagnostics énergétiques et plateformes de calcul d’itinéraires optimisés, les outils d’accompagnement se multiplient.
Ils permettent de planifier une stratégie bas carbone réaliste, alignée avec les contraintes du terrain.
Dashdoc vous aide à structurer votre stratégie bas carbone
Pas besoin de tout réinventer pour avancer vers la décarbonation du transport.
Avec Dashdoc, les entreprises du secteur routier peuvent prendre des décisions éclairées, sur la base de données concrètes et automatisées.
Décarbonation du transport : simuler vos émissions avec un calculateur CO₂ dédié
Grâce à son calculateur de CO₂ intégré au TMS, Dashdoc permet à chaque transport d'être évalué automatiquement selon la norme ISO 14083:2023.
Résultat : une donnée fiable, traçable, partageable à vos clients et partenaires et directement connectée à la plateforme EVE de l’ADEME.
Une façon concrète de suivre vos engagements RSE transport et de répondre aux exigences réglementaires.
L'importance de construire une feuille de route adaptée à vos flux
Quel est le bon levier à activer en premier ? Comment choisir une motorisation sans se tromper ?
Le calcul des émissions couplé à la visualisation des trajets permet de simuler l’impact de vos choix logistiques.
Une base solide pour structurer votre transition bas carbone : adaptée à votre parc, à vos itinéraires, à votre réalité.
Optimisation des trajets et réduction des kilomètres à vide ;
Motorisations alternatives (électrique à batterie, biogaz, hydrogène...) ;
Amélioration de l’efficacité énergétique des flottes thermiques existantes ;
Numérisation des flux logistiques, avec des outils comme les TMS (Transport Management System), qui facilitent le pilotage carbone et la planification bas-carbone.
FAQ :
Qu’est-ce que la décarbonation du transport et pourquoi est-elle importante ?
La décarbonation du transport vise à réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) issues des activités routières, ferroviaires, aériennes ou portuaires.
Elle consiste à repenser l’utilisation de l’énergie dans le secteur, en privilégiant des solutions plus écologiques, moins dépendantes des énergies fossiles.
Pour les chauffeurs et les transporteurs, c’est un enjeu à la fois réglementaire et stratégique : contribuer à la protection de l’environnement, tout en anticipant les futures restrictions d’usage sur les véhicules thermiques.
Quelles sont les principales sources d’émissions de CO₂ dans les transports ?
Les véhicules routiers à motrice diesel ou essence sont les plus gros émetteurs de dioxyde de carbone.
Les convois de marchandises sur longues distances, la consommation excessive liée à la surcharge ou à une conduite non optimisée, ainsi que les trajets à vide pèsent lourd dans le bilan carbone.
L’écoconduite peut à elle seule permettre une réduction significative des émissions et des coûts.
Quelles technologies et solutions existent pour décarboner le secteur des transports ?
Les leviers sont multiples et complémentaires :
L’utilisation de carburants renouvelables comme le biogaz, le HVO ou l’hydrogène ;
Le remplacement progressif des véhicules thermiques par des motorisations écologiques adaptées aux besoins des routiers ;
La formation à l’écoconduite, pour améliorer l’efficacité des chauffeurs au quotidien ;
Le recours à des TMS pour optimiser les convois, réduire les kilomètres inutiles, et baisser la consommation de carburant.
Quels sont les obstacles à la décarbonation du transport ?
Le coût initial de certains équipements, le manque d’infrastructures (bornes, stations bioGNV, etc.) ou la diversité des usages terrain (urbain, longue distance, portuaire) freinent parfois l’utilisation de solutions décarbonées.
Mais des aides existent, et les technologies renouvelables gagnent en maturité. La clé : adapter chaque investissement à la réalité des flux, des conducteurs, et des besoins routiers.
Quels exemples concrets de décarbonation du transport peut-on citer ?
Des flottes régionales équipées de véhicules motrice électrique pour les tournées urbaines.
Des transporteurs routiers qui forment leurs chauffeurs à l’écoconduite pour réduire la consommation de carburant.
Des convois organisés selon des critères d’impact carbone grâce à des outils TMS.
Une utilisation raisonnée des carburants renouvelables pour les zones mal desservies par l’électrique.
Autant d’initiatives qui montrent que la décarbonation du secteur n’est pas qu’un objectif à long terme : c’est déjà une dynamique concrète, pilotée depuis le terrain.