Pistolet de pompe à carburant au coucher du soleil, avec une route en arrière-plan — illustration du prix des biocarburants et de leur évolution sur le marché.

Hausse du prix des biocarburants [Budget 2026] : quelles conséquences pour vos coûts de transport ?

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par Laura Silva, le 11/9/2025

7 min de lecture

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Le prix des biocarburants évolue sans prévenir, vos surcharges aussi

Illustration d’un transporteur faisant le plein à une station-service, avec une facture affichant une option d’indexation carburant, suivi et ajustement du prix des biocarburants dans le transport routier.

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Ce que le budget 2026 modifie dans le prix des biocarburants

Homme portant un casque jaune et un gilet réfléchissant consultant des documents près d’un camion sur un parking, représentant l’impact du prix des biocarburants sur les opérations de transport.

Pour la première fois depuis 2018, le budget 2026 rebat les cartes du marché des carburants alternatifs.

Sous couvert d’“alignement fiscal”, le gouvernement redéfinit les équilibres entre diesel, E85 et B100.

Et derrière les chiffres, c’est tout un modèle économique du transport routier qui se retrouve questionné.

La suppression partielle de l’avantage fiscal sur le E85

Jusqu’ici, le E85 était le carburant le plus compétitif du marché, grâce à une TICPE allégée d’environ 60 % par rapport au SP95.

Cette différence, justifiée par la teneur élevée en bioéthanol, faisait du E85 un levier d’économie immédiat pour les flottes légères et certains transporteurs.

Mais dans le Projet de Loi de Finances 2026, cette exonération partielle serait progressivement réduite.

L’objectif affiché est d’“harmoniser la fiscalité des carburants en fonction de leur performance carbone réelle”.

Autrement dit, la différence de prix à la pompe, souvent de 50 à 70 centimes/litre, risque de se resserrer autour de 30 à 40 centimes.

Pour vous, cela signifie :

  • une hausse moyenne estimée entre +8 et +12 % du prix du E85 à la pompe ;

  • une réduction directe des marges pour les flottes hybrides et flex-fuel ;

  • un besoin accru de suivi précis des consommations pour ajuster les coûts au kilomètre.

Finie la lecture “prix à la pompe”, les gestionnaires de flotte doivent raisonner en coût total d’usage, en prenant en compte la fiscalité, la consommation réelle et les émissions globales.

Le maintien de l’exonération pour le carburant B100

Deux poids lourds et plusieurs voitures circulent sur une autoroute sous un ciel bleu parsemé de nuages, illustrant l’influence du prix des biocarburants sur le transport routier.

Le B100, carburant 100 % colza produit en France, conserve pour l’instant son statut privilégié.

Le gouvernement maintient l’exonération de TICPE pour les flottes captives, c’est-à-dire les entreprises disposant d’un contrat d’approvisionnement direct auprès d’un fournisseur agréé.

Concrètement, cela signifie que les transporteurs déjà engagés dans le B100 continueront de bénéficier d’un avantage compétitif d’environ 0,50 €/L face au diesel.

Mais ce bénéfice reste conditionné :

  • Il ne s’applique que si le B100 est d’origine française et tracé

  • Il ne s’applique que si le B100 est d’origine française et tracé, conformément à la directive européenne RED III, qui fixe les critères de durabilité des énergies renouvelables (traçabilité, impact environnemental et émissions sur tout le cycle de vie).

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Le B100 reste donc attractif..  mais fragile. Une dépendance forte à la production nationale de colza, combinée à une demande croissante, pourrait à moyen terme tendre les prix et limiter la disponibilité du produit.

L’impact chiffré du budget 2026 sur le prix à la pompe

Le ministère de l’Économie estime que les recettes issues des carburants devraient se stabiliser autour de 34 milliards d’euros, selon les projections du budget 2025.

Quelques projections (sur base DGEC, PLF 2026) :

CarburantPrix moyen 2025 (€ / L)Prix projeté 2026 (€ / L)Évolution estimée

E85

0,95

1,05–1,10

+8 à +12 %

B100

1,50

1,45–1,55

stable à +3 %

Diesel B7

1,80

1,85–1,90

+3 à +5 %

Évolution du prix des biocarburants entre 2025 et 2026 : tendances et projections

Pour les exploitants, ces chiffres se traduisent immédiatement dans les lignes de budget :

  • un camion consommant 40 000 litres/an verrait sa facture augmenter de 4 000 € avec le E85

  • un passage au B100 pourrait compenser une partie de cette hausse, mais au prix d’un engagement contractuel plus rigide.

Au fond, le budget 2026 ne fait qu’entériner une tendance : la fin du carburant “bon marché”.

La compétitivité énergétique ne se jouera plus sur le prix du litre, mais sur la capacité à piloter la donnée énergétique  (consommation, émissions, rendement en temps réel…).

Comment se construit le prix des biocarburants

Chaque mois, c’est la même question qui revient sur le bureau du responsable transport : pourquoi la facture carburant grimpe alors que les trajets n’ont pas bougé d’un kilomètre ?

Entre variations agricoles, ajustements fiscaux et fluctuations pétrolières, le prix des biocarburants échappe à toute logique apparente.

On pourrait, d’ailleurs, puisque qu’il s’agit d’une véritable équation énergétique où chaque variable (agricole, fiscale, pétrolière…) évolue en permanence, croire qu’il suffit de la subir.

Mais si vous cherchez à comprendre la mécanique des prix et les effets du budget 2026, c’est sûrement que vous savez que non.

Et vous aurez raison.

Car comprendre cette équation, c’est anticiper ce que coûtera vraiment un plein de B100, d’E85 ou de biodiesel demain matin… et garder la main, même quand le budget 2026 change la donne.

Le coût des matières premières agricoles

Personne en chemise à carreaux rouges faisant le plein d’un véhicule blanc avec un pistolet vert — image illustrant le prix des biocarburants et leur usage au quotidien.

On l’oublie (trop) souvent, à force de ne regarder que le prix affiché sur les totems. 

Mais derrière chaque litre de biocarburant, il y a une récolte… et tout un écosystème économique qui la dépasse (cours agricoles, marchés mondiaux des oléagineux, politiques agricoles et énergétiques européennes…)

Les matières premières représentent jusqu’à 65 % du coût de production d’un litre de biocarburant, selon FranceAgriMer

Et dans un marché (très) tendu, le cours du blé, de la betterave ou du colza pèse parfois plus lourd que la fiscalité elle-même.

Le bioéthanol (E85) dépend directement du prix des céréales, tandis que le B100 suit celui du colza. 

Anticipez l’impact des variations sur vos coûts avec un TMS connecté

Quand la météo dégrade les rendements ou que la demande mondiale s’emballe, le litre de B100 peut grimper de 5 à 10 centimes.

Ce n’est (presque) rien à l’échelle d’un plein, mais pour une flotte de 80 véhicules, cela représente près de 8 000 € supplémentaires pour 100 000 litres consommés.

Contrairement au diesel, ces carburants n’ont ni stocks stratégiques, ni mécanismes de stabilisation.

Leur prix réagit au quart de tour aux secousses du monde agricole : sécheresse, guerre, tensions sur les engrais…

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Quelques repères pour situer l’ordre de grandeur :

  • E85 : entre 0,85 et 1,15 €/L, selon la récolte et les aides publiques ;

  • B100 : autour de 1,50 €/L, très dépendant du cours du colza ;

  • HVO : environ 1,80 €/L, du fait de procédés industriels plus coûteux.

Le poids des taxes énergétiques dans la formation du prix

Viaduc en pierre à arches sous un ciel bleu, bordant une route symbole de la transition énergétique et de l’impact du prix des biocarburants sur le transport routier.

Le prix des biocarburants dépend presque autant de Bercy que du baril.

Car au-delà des récoltes et du raffinage, une partie du tarif se décide dans les colonnes budgétaires.

La TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) est le levier central.

Appliquée sur chaque litre vendu, elle fait évoluer le prix dès qu’elle est modifiée par l’État.

Elle remplit deux rôles :

  • financer les recettes publiques

  • orienter les choix énergétiques du secteur

Jusqu’ici, cette fiscalité allégée permettait au E85 et au B100 de rester compétitifs.

Mais le budget 2026 change la donne :

  • le E85 verrait sa fiscalité relevée, réduisant son avantage face au SP95

  • le B100 conserverait son exonération, limitée aux flottes captives (transporteurs, collectivités, BTP)

Le ministère indique que la TICPE représente entre 35 % et 45 % du prix final des carburants, selon les cours mondiaux et le type de carburant (essence, diesel, E85, B100).

Une variation d’un centime par litre équivaut à 1 000 € par an pour un parc de 10 camions.

L’écart fiscal devient donc un indicateur stratégique : choisir un carburant, c’est anticiper la politique budgétaire de demain.

L’influence du cours du pétrole sur le prix du bioéthanol et du biodiesel

Même produits à partir de ressources renouvelables, les biocarburants restent dépendants du pétrole.

Leur chaîne logistique s’appuie encore sur des infrastructures fossiles : raffineries converties, transport maritime, usines alimentées par des énergies classiques.

Quand le prix du baril baisse, le diesel redevient plus compétitif.

Les biocarburants, eux, s’ajustent plus lentement, leurs coûts dépendent aussi des récoltes et de contrats plus rigides.

Tant que les filières ne seront pas totalement autonomes, le prix des biocarburants suivra les grands mouvements du marché énergétique mondial.

Le coût du B100 ou du E85 ne dépend donc pas d’une seule logique “verte”.

Il se calcule sur trois piliers interdépendants :

  1. L’amont agricole, soumis aux marchés et aux aléas climatiques.

  2. Le levier fiscal, défini par le budget annuel de l’État.

  3. La dépendance énergétique, encore ancrée dans le pétrole.

C’est cet enchevêtrement, économique, politique et industriel, qui fait du prix des biocarburants une donnée stratégique à surveiller avec autant d’attention qu’un indicateur de flotte.

Prix des biocarburants : comprendre son impact sur (tous) les coûts de transport

Le prix des biocarburants, censé tracer la route d’une transition durable, redessine aujourd’hui la carte économique du transport.

Personne utilisant une calculatrice et un ordinateur portable pour analyser des graphiques financiers, illustrant l’impact du prix des biocarburants sur les coûts et la rentabilité du transport.

L’augmentation du coût au kilomètre pour les transporteurs

Pour un tracteur consommant 32 L/100 km, une hausse de 0,10 €/L représente +3,20 € tous les 100 km.

À l’échelle d’une flotte de 40 camions parcourant 120 000 km/an, la facture grimpe de 150 000 à 160 000 €.

Avec des marges moyennes de 1,5 à 2 % (FNTR, 2024), cette hausse suffit à rogner une partie du bénéfice annuel.

Et pour les entreprises déjà équipées en motorisations B100, plus chères à entretenir et à approvisionner, l’impact est encore plus net.

Le vrai enjeu, c’est l’incertitude : comment planifier quand le prix du colza ou la fiscalité changent tous les trimestres ?

Sans vision claire, difficile de sécuriser les contrats…et encore moins d’investir.

Pilotez vos marges avec un TMS connect

Les écarts de rentabilité entre E85, B100 et diesel

Sur le terrain, les écarts entre carburants créent une hiérarchie implicite entre transporteurs.

Ceux qui roulent au B100 bénéficient d’une image plus verte, mais d’une trésorerie plus fragile.

Ceux qui restent au diesel B7 préservent leurs marges, mais voient leur empreinte carbone et leurs appels d’offres se tendre.

Et au milieu, le E85, séduisant sur le papier, reste marginal dans le transport lourd.

CarburantType de flottePrix moyen 2026 (€ / L)Rendement énergétiqueEnjeux concrets

Diesel B7

Généraliste

1,85

100 %

Standard du marché, mais soumis à la TICPE pleine

B100

Captive, régionale

1,50

95 %

Dépendance forte au colza, maintenance plus lourde

E85

Utilitaires, hybrides

1,05

80–85 %

Peu compatible avec le transport longue distance

HVO

Premium longue distance

1,80

98 %

Faible disponibilité, prix élevé, bonne stabilité CO₂

Comparatif 2026 du prix des biocarburants et de leurs performances dans le transport routier

Derrière ces chiffres, il y a des arbitrages quotidiens.-Faut-il privilégier la marge ou la conformité RSE transport ?

Accepter un léger surcoût pour sécuriser des marchés publics ?-

Ou retarder le basculement, au risque d’être exclu des appels d’offres les plus exigeants ?

Les ajustements nécessaires dans la planification des trajets

Quand le prix du carburant bouge, tout le planning bouge avec lui.

Le kilomètre parcouru ne suffit plus à mesurer la performance : il faut y ajouter le coût énergétique, l’accès au carburant et le taux de remplissage.

Optimisez vos tournées selon le carburant disponible

Trois leviers concrets émergent :

  1. Repenser les tournées selon le carburant disponibleCertaines zones sont encore sous-équipées en B100 ou HVO.

    Le HVO (huile végétale hydrotraitée), pourtant compatible avec la plupart des moteurs diesel et capable de réduire jusqu’à 90 % les émissions de CO₂, reste difficile d’accès hors des grands axes.

    Intégrer ces réalités dans la planification évite les détours coûteux et permet d’aligner la performance énergétique sur la rentabilité des trajets.

  2. Croiser les données de consommation et de charge utile. Une tournée optimisée à 90 % de remplissage peut neutraliser la hausse du litre.

    Un TMS connecté à un module RTTV permet ce niveau d’ajustement en continu.

  3. Négocier des clauses d’indexation énergétique. Beaucoup de contrats continuent de reposer sur l’indice gazole B7.

    Les exploitants gagnent à exiger une indexation intégrant le B100, plus volatile mais aussi plus vertueuse.

Personne n’a de prise sur le cours du colza ou sur une réforme fiscale.

Mais chacun peut piloter ce qu’il mesure.Il faut pouvoir suivre ses consommations, comprendre ses écarts, anticiper les variations…  

La rentabilité du transport ne se joue plus dans le réservoir, mais dans la donnée.

Anticiper l’évolution du prix des biocarburants avec Dashdoc

En 2026, le prix des biocarburants évolue dans un cadre instable : fiscalité ajustée au fil des lois de finances, contrats rarement révisables avant échéance, marges moyennes entre 1,5 et 2 %.

Pour un exploitant, 0,05 €/L de plus sur le B100 ou l’E85 représente plusieurs dizaines de milliers d’euros sur l’année.

Anticiper ces variations devient une condition de continuité d’activité.

Trois employés d’entrepôt en gilet haute visibilité discutent devant un ordinateur, entourés d’étagères et de cartons, évoquant la gestion logistique et les effets du prix des biocarburants sur la chaîne de transport.

Le TMS Dashdoc permet ce suivi au plus près des opérations.

Tout pour garder le feu vert de la transition… et celui de la rentabilité.

Je veux piloter mes marges avec mon TMS !

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